Mardi 16 février 2010
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Gehlen, Arnold. - Essais d'anthropologie
philosophique. - Paris : Maison des Sciences de l'homme, collection Bibliothèque allemande, 2010. Préf. de Jean-Claude Monod, Postf. de Wolfgang Essbach, trad. d'Olivier Mannoni.
190 p., 24 Euros.
Présentation de l'éditeur :
Arnold Gehlen (1904-1976) est l'un des principaux représentants de l'anthropologie philosophique allemande apparue au début du XXe siècle.
Le premier article de ce recueil la définit comme la science de l'être humain, de concert avec la morphologie, la physiologie, la psychologie, la linguistique, la sociologie, etc. Science
philosophique systématique et interdisciplinaire, elle est fondée sur des hypothèses exemptes de toute métaphysique. "L'homme. Sa nature et sa position dans le monde" (1940) présente ses
idées les plus fondamentales. Deux articles publiés en 1951 et en 1968 leur ajoutent des éléments du pragmatisme anglo-américain et des éléments de la psychanalyse freudienne.
L'idée essentielle de Gehlen est que "l'action et les transformations prévues du monde, dont la quintessence porte le nom de "culture", font partie de l'"essence" de l'être humain, et [que], à
partir du point d'approche que constitue l'action, on peut en construire une science globale". Influencé par Kant, Herder et Fichte, mettant ses pas dans ceux de Jakob von Uexküll et de Konrad
Lorenz, l'homme est selon lui une créature qui se maintient en vie par la transformation et l'amélioration permanente des données de la nature.
Sa défectuosité biologique est compensée par l'invention technique. Dépourvu de "niche écologique", il s'adapte à tous les milieux, il est capable en dépit d'une pression intérieure immédiate
d'ajourner son action ; cette espèce d'hiatus lui permet de la planifier, d'anticiper l'avenir. Ces thèses ont nourri la réflexion de Jürgen Habermas, Hans Blumenberg, Ernst Tugendhat, Theodor
Adorno. Mais elles n'ont guère retenu l'attention de la France.
Son indifférence à l'oeuvre d'Arnold Gehlen s'explique en partie par le fait qu'il a adhéré dès 1933 au Parti national-socialiste et que, jusqu'à sa mort, ses positions ont été très
réactionnaires, mais aussi par son désintérêt traditionnel pour l'anthropologie philosophique en général. Quand les pollutions, le dérèglement climatique, etc., menacent l'avenir de l'humanité,
mais quand aussi s'expriment partout le souci de sa préservation, alors il est temps de découvrir l'anthropologie d'Arnold Gehlen.
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Conférences, tous les jeudis à partir du 11 mars 2010, de 18h30 à 20h, BnF, site Richelieu, Salle des commissions.
En six conférences, des conservateurs du département des Estampes et de la photographie de la BnF, proposent une initiation pour tous publics à l'histoire de l'estampe occidentale, de ses
origines au XVe siècle jusqu'à l'aube du XXe siècle. A partir de documents issus des collections patrimoniales de la Bibliothèque seront abordés les aspects techniques, tout autant que l'histoire
artistique et culturelle de l'estampe qui fut, jusqu'à l'invention de la photographie, la seule façon de reproduire l'image.
Les conférences du mois de mars :
- jeudi 11 mars : Les techniques de l'estampe, XVe-XIXe siècles
- jeudi 18 mars : Dürer et la gravure
- jeudi 25 mars : Les usages de l'estampe, XVIe-XVIIIe siècles
Entrée libre sous réservation obligatoire au 01 53 79 49 49.
Publié dans : Agenda de mars
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Lundi 15 février 2010
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Didier Fassin (dir.). -
Les nouvelles frontières de la société française. - Paris : La Découverte, collection Hors collection Sciences humaines, 2010. 600 p., 28 Euros.
Présentation de l'éditeur :
Au cours des dernières décennies, les frontières du territoire français se sont refermées pour celles et ceux, désormais indésirables, en provenance des pays non communautaires, qu'ils soient
travailleurs, étudiants, demandeurs d'asile, enfants ou conjoints d'étrangers. Mais parallèlement à ce phénomène d'autant plus manifeste qu'il est devenu objet de surenchère politique, d'autres
frontières moins visibles se sont constituées à l'intérieur de l'espace national. Raciales, ethniques ou religieuses, elles définissent des lignes de partage que la reconnaissance tardive des
discriminations et la montée de revendications minoritaires ne permettent plus d'ignorer. Longtemps pensées séparément, les unes à travers la «question immigrée», les autres en termes de
«racialisation», ces frontières extérieures et intérieures sont étroitement liées, tant dans les histoires familiales que dans les discours publics.
Résultat de quatre années d'enquêtes menées par une équipe de sociologues, anthropologues, historiens, politistes, juristes, psychiatres et psychanalystes, cet ouvrage met au jour les
transformations contemporaines des identités et des altérités dans la société française.
Didier Fassin est professeur à l'Institut for Advanced Study de Princeton et à l’École des hautes études en sciences sociales, et dirigre l’Iris, l'Institut de recherche
interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (CNRS / Inserm / EHESS / Université Paris-XIII).
Lundi 15 février 2010
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Caroline Moriceau. -
Les douleurs de l'industrie : l'hygiénisme industriel en france (1860-1914). - Paris : EHESS éditions, collection En temps et lieux, 2010. 320 p., 26 Euros.
Présentation de l'éditeur :
En proposant une histoire de l’hygiène industrielle en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, cet ouvrage invite à observer la métamorphose des regards portés sur le corps malade ou
déformé de l’ouvrier. C’est aussi une observation inédite de la genèse du système français de prévention face aux risques professionnels.
Quels sont les effets du travail sur la santé ? Autour de 1860, la question s'érige en intérêt scientifique pour les maladies liées au travail et pour leur prévention, sous le terme
d’«hygiène industrielle» Écartelé entre médecine et technique, ce savoir singulier exprime la prise de conscience des dangers sanitaires liés à l’industrialisation et révèle la métamorphose
des regards portés sur le corps de l’ouvrier, corps malade ou déformé.
Avec pour point de départ la politique sanitaire, atypique, menée à la cristallerie de Baccarat, Caroline Moriceau examine cette discipline nommée hygiène industrielle dans la seconde moitié du
XIXe siècle. Comment est-elle née ? Quelles ont été ses conséquences sur les ateliers, sur la société ? N’est-elle pas, au fond, un projet politique visant à permettre la poursuite
d’une industrialisation dont on s’apprête à payer le coût, à la fois humain et environnemental ?
À la croisée de l’histoire des sciences et de l’histoire des conditions de l’industrialisation, ce livre dévoile des sources inattendues et saisit quelque chose des réalités matérielles des
ateliers, du rapport de l’ouvrier à son métier, à son cadre de travail et à son corps.
Caroline Moriceau est ancienne élève de l’École normale supérieure et docteur en histoire. Elle se consacre depuis une dizaine d’années à l’évaluation des politiques publiques ; elle est depuis
quatre ans chargée de mission au conseil régional d’île-de-France.
Lundi 15 février 2010
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Gérard Jorland. - Une société à soigner : hygiène et salubrité publique en France au XIXe siècle. - Paris : Gallimard, collection Bibliothèque des histoires, 2010. 361
p., 27 Euros.
Présentation de l'éditeur :
Faute de pouvoir soigner les maladies, la médecine du XIXe siècle s'est employée à les prévenir.
D'où le rôle central qu'y joue l'hygiène publique. Se donnant pour mission de supprimer les foyers d'infection qui minent la société, elle s'étend à tous les domaines : égouts et voiries,
orientation et hauteur des bâtiments, alimentation et travail, pollution industrielle et urbaine, prisons, casernes, hôpitaux, mais aussi prostitution, alcoolisme, crimes, suicides, etc. Les
préconisations des hygiénistes sont toujours les mêmes : faire circuler l'air et l'eau, désinfecter, vacciner. Mais ces avis ne sont pas toujours suivis d'effets. Dans nombre de pays européens,
la vaccination et la revaccination sont obligatoires. En France, non. D'où ces deux paradoxes : qu'un pays qui a créé le mouvement d'hygiène publique moderne soit si lent à en appliquer les
mesures ; que dans ce même pays, synonyme de centralisation et d'Etat fort, le gouvernement joue un rôle si limité dans la santé publique.
A la fin du siècle, les médecins finissent par se faire élire eux-mêmes au Parlement afin de faire voter une législation sanitaire. Mais pour imposer les contraintes de santé publique, il leur
faut abandonner l'idéologie libérale et en construire une autre, le solidarisme. La législation perdurera, pas l'idéologie. Aujourd'hui, les politiques de santé publique appliquées en France et
en Angleterre sont diamétralement opposées : libérale chez nous, étatique là-bas, contre toute attente.
Philosophe et historien des sciences, Gérard Jorland est directeur d'études à l'EHESS et directeur de
recherche au CNRS.
Il a publié en 1987, dans la Bibliothèque des idées, La Science dans la philosophie. Les recherches épistémologiques d'Alexandre Koyré.
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